Ça y est. Je l'ai fait. Je suis entré dans le Black Ark et j'y ai passé une petite heure. C'était génial.

Mon hôte

Le mystérieux habitant du 5 Cardiff Crescent s'appelle P-Son. Cette fois, il était présent, m'a ouvert et m'a fait visiter.

P-Son... P-Son... ce blaze ne m'est pas inconnu... mais qui est-il ? Mais si le monsieur est très agréable et sympathique, il n'est pas très loquace et il a fallu un peu forcer pour lui tirer les vers du nez : c'est Milton Blythe, le demi-frère de Lee Perry !

C'est lui sur cette photo des Upsetters (il n'est pas musicien, cependant) :

Mythique !

Le studio

Avant toute chose, voici un petit rappel de la chronologie du Black Ark :

  • Fin 1973 : Inauguration avec l'enregistrement de l'album Silver Bullets, le studio n'est cependant pas encore équipé pour la voix (Lee Perry utilise alors le studio de King Tubby)
  • 1974 : Le studio est pleinement fonctionnel et est utilisé principalement pour des singles enregistrés avec les copains et destinés au marché local.
  • 1975 : Premier contrat international, avec le distributeur DIP. L'année est donc majoritairement consacrée à l'enregistrement d'albums instrumentaux dont raffolent les skinheads anglais. Elle se termine par un gros succès (numéro 4 aux charts britanniques) : Hurt So Good
  • 1976 : Suite à ce succès, Lee Perry obtient un contrat de diffusion avec Island Records et met à jour l'équipement de son studio. Il attire de nouveaux talents et est enfin prêt à décoller.
  • 1977 : Gros succès locaux et à l'international avec les albums : War Ina Babylon, Party Time et Police & Thieves.
  • 1978 : Le son du Black Ark continue d'évoluer et prend deux directions opposées, une très complexe et harmonieuse, et une très rugueuse et rythmée. Problème : elles correspondent moins aux goûts occidentaux et Island refuse tous les albums que Lee Perry lui présente, notamment Heart Of The Congos
  • 1979 : Le comportement de Lee Perry devient de plus en plus étrange, sa musique de plus en plus extrême, les excès de substances et les disputes avec les chanteurs de plus en plus fréquents. Lee Perry craque et détruit le studio.
  • 1980 : Le Black Ark est reconstruit grâce au financement d'un fan hollandais, mais Lee Perry refuse de l'utiliser. Il est cependant loué quelques mois par d'autres producteurs, puis progressivement abandonné.
  • 1981 : Lee Perry quitte la Jamaïque. Il finira par s’installer en Angleterre, puis en Suisse.
  • 1983 : Le studio brûle entièrement lors d'un incendie. Depuis lors, Lee Perry prétend avoir mis le feu, ce qui est hautement improbable.

Je vous invite à revisionner la vidéo que j'avais déjà mentionné dans le précédent billet pour vous mettre dans l'ambiance :